Le coût de la pénibilité

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Impact de la pénibilité dans les organisations et en termes de coûts

Sans préjuger aucunement des impacts économiques sur toutes les branches d’activité en France, mon passé dans l’agro-alimentaire me permet d’avoir une idée des coûts intégrés à travers le taux de cotisation AT-MP.

Cette première salve relève des coûts, de la pénibilité, de l’ordre de 1 à 7 €/salarié/an. Toute cela dans un environnement en 3x8h avec des activités à gestes répétitifs, des utilisations de produits chimiques dans le cadre de nettoyages, du bruit (tout est très métallique, en inox…), …

Autant dire que si le coût facial est peu important, il a fallu un certain temps aux organisations pour évaluer cette situation et adapter, à plusieurs reprises, les règles du jeu établies par l’exécutif.

Si je reviens à ma propre expérience, avec des syndicats plutôt constructifs. Le temps passé à l’analyse, à la consolidation des informations et l’étude de cas particuliers, les échanges avec les RH… tout cela sur un site regroupant 800 personnes, cela amène à un coût, a minima équivalent à la facture sécurité sociale (taux de cotisation).

Ce qui m’embête est que ce temps et cet argent ne sont pas consacrés véritablement à la prévention mais plutôt à l’atteinte d’objectifs réglementaires de réparation.

Il me semble que si le sujet mérite d’être traité d’une manière ou d’une autre, le compte de prévention est désormais né, nous nous cachons derrière des pratiques politiques avec des partenaires sociaux n’allant pas dans le sens de la performance d’entreprise.

Sur la scène internationale, il est désormais acquis que l’investissement en prévention produit un retour intéressant.

Pour 1€ investi, il est admis que le ROI se situe, en moyenne, entre 1,9 et 2,3 (sources eurogip, Aiss, oppbtp). Dans notre cadre national nous préférons continuer à réglementer la réparation et inciter à orienter nos politiques d’entreprises dans ce sens plutôt que réellement investir dans les Hommes, les Organisations et les Outils en prévention.

J’en viens de plus en plus à croire qu’une moindre réglementation mais avec de réels moyens de persuasions et de contrôles serait certainement plus performante que notre Code du travail hypertrophié !

Cela a le mérite de responsabiliser les entreprises et aider à développer le dialogue social, ceci étant certainement un vœu pieu voire utopiste tant les organisations professionnelles se débattent sur leurs positions dogmatiques non évolutives, un vrai frein au développement de la QVT.

Du compte pénibilité au compte de prévention, un vocabulaire modifié pour un intérêt minime et un combat politique stérile.

Où, comment oublier le principal enjeu qu’est l’Homme ?

Jérôme

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