santé au travail des fonctionnaires – le rapport définitif remis ce 28 octobre 2019

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La santé au travail dans la fonction publique…

l'Etat comme souvent est donneur de leçon sur la santé et la sécurité au travail. Le rapport sur la SST dans le domaine industriel est paru il y a plus d'un an. Celui sur la santé au travail dans la fonction publique a été  transmis la semaine passée dans sa dernière mouture au premier ministre.

Que dire ?

je suis élu local dans un département rural. Le centre de gestion qui sert de "DRH" porte la santé au travail pour la très grande majorité des collectivités. Pour plus de 230 communes, il y a un seul préventeur! cherchons l'erreur.

Un accident de service (accident de travail dans le privé) est de droit et ne souffre aucune réserve, une collectivité n'a quasiment aucune possibilité de recours (c'est la même chose pour les MP).

Sur le pan de la prévention médicale (santé) : parmi mes proches, j'ai plusieurs enseignants dans le public. Demandez donc chacune et chacun à ceux que vous connaissez si nos enseignants ont des visites médicales et si oui, à quelle fréquence?

Je trouve d'ailleurs quelque peu comique (ironie ;-)) qu'un enseignant en histoire se fasse le porte-parole des accidents graves au travail depuis quelques mois sur twitter (@DuAccident). Nous préférons le sensationnel au pragmatique et à la réalité du terrain. Il est souvent plus aisé de regarder les autres et critiquer les organisations plutôt qu'être acteur chez soi ! Ces remontées d'informations se font sans aucun esprit critique, ce qui est problématique pour un enseignant.

Autant que les risques physiques, les fonctionnaires sont exposés aux RPS. Leur positionnement face au public, les injonctions contradictoires de la hiérarchie, les ré-organisations "désorganisées", le sens donné ou la place de son travail sont des éléments participant au grand malaise dans la fonction publique. Les nouvelles organisations du public sont trop souvent des recettes du privé de plus de 10 ans voire 20 ans et ce sont celles qui ont amené nos crises majeures autour des RPS dans le privé. – cf. les nouvelles organisations du travail

Alors, comme pour la santé au travail dans le domaine privé, vouloir réorganiser la santé au travail (la SST et QVT en général) sans l'intégrer dans un tout existant (la fonction publique) équivaut à un pansement sur une jambe de bois.

Lorsque ce sont les organisations qui créent les maux on ne doit pas chercher à soigner les extrémités atteintes mais bien à revoir ses choix. Sinon cela s'appelle de la prévention tertiaire tout en oubliant le principe d'action à la source.

Je suis outré par l'absence d'approche systémique de la prévention et de la qualité de vie au travail au plus haut niveau de l’État. Ce type de rapport est inadapté par son détachement aux organisations actuelles et futures de la fonction publique. Il vise à défaire puis ajouter une ou plusieurs couches en faisant fi de l'intégration de la SST et QVT dans le fond de l'organisation (Le rapport d'août 2017 sur "l'attractivité et la formation des professions de santé au travail" abordait ce sujet de manière aussi beaucoup trop spécifique) :

– Quelles critères de sélection d'un responsable de service sur les sujets de prévention ?

– Quelle positionnement de la prévention dans les concours ?

– Quelle place à l'intégration / l'enseignement de la prévention à l'ENA, à l'INET,… ? (recommandation5 du présent rapport).

La formation est essentielle, toutefois bien plus qu'obligatoire elle doit être vécue comme un investissement et ce, à tous les niveaux de l'organisation. (quel objectif?, quelle mesure? quelle échéance pour y parvenir ?…). lorsqu'il est évoqué la formation au management participatif, cela implique la mise en place d'éléments de co-élaborations et l'arrêt du "tout descendant" depuis les ministères.

Il faut soigner la tête avant de s'occuper des mains ou des pieds qui travaillent au quotidien sur le terrain. La centralisation de services à tout va se fait dans toutes les démarches publiques. Aussi, en tant que concitoyen et élu d'une commune rurale, on voit les services de proximité se dégrader alors que les dépenses de L’État sont incapables de se stabiliser et encore mois de baisser (nous sommes constamment dans un discours culpabilisant ou l'orateur ne donne qu’exceptionnellement voire jamais l'exemple). Les agents de terrain perdent pieds face aux directives descendantes sans action ni discussion possible. L'efficience se gagnent par l'envie et le sens donné, la place de chacun en tant que rouage essentiel. Oublier cela, c'est oublier la prévention!

Cette organisation est vraie pour tout secteur d'activité, les sujets de santé et de sécurité peuvent se décréter. Leurs transpositions seront réussies à force d'accompagnement, d'exemplarité, d'engagement et d'actions visibles et concrètes. Tout, ou presque, dans les lois passées permet une organisation de la prévention correcte dans le domaine public, il suffit d'appliquer ce qui a été écrit par le passé plutôt que ré-écrire sous forme de vœux pieux.

Jerome

 

version définitive santé au travail secteur public

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