Communiquer par l’image en prévention : une image pour présenter une démarche !

Communiquer en prévention : quelle image pour une démarche solide et pérenne ?

 

La prévention des risques est l’affaire d’une équipe, d’un travail moyen-long terme et ses résultats se mesurent de différentes manières.

L’idée de cet article m’est venue suite à la publication, sur linkedin, d’une communication par une Sté confrère dans le domaine de la prévention des risques.

La publication mettait en avant, un affichage relatif à des EPI et le sous-titre vantait la culture de prévention et l’engagement en profondeur de l’entreprise. J’avais réagi en commentant mon interprétation visuelle qui reflétait, à travers cette image, une action axée sur l’Homme et l’EPI plutôt qu’une démarche culturelle de prévention…

A partir de là, quelques échanges de commentaires plus tard, je me suis posé la question de l’image donnée en prévention.

Peut-on communiquer en transmettant une image claire de sa démarche de prévention ?

L’image des blogs et autres supports vaut non par le sérieux mais plutôt par le sensationnel : que ce soit les vidéos de surveillance reprenant des accidents matériels et ou corporels ou la liste des accidents mortels sur la semaine, on reste dans l’extrême.

Les entreprises communiquent à travers le nombre de jours sans accident. Elles mettent, parfois, en avant, des actions de prévention qui sont plutôt des événements de type journée ou semaine sécurité que des actions terrain.

Les prestataires parlent de leurs clients / partenaires avec un certain recul pour éviter de trop en dire.

 

A l’heure où la prévention doit trouver des indicateurs or du champ de la sinistralité sans tomber dans la QVT du chief happyness officer avec les baby-foot et autres dispositifs de bien-être, je n’ai pas trouvé, sur internet, de communication qui m’ait plu.

Je suis convaincu depuis longtemps que la prévention des risques se vit de l’intérieur, c’est un état, une partie de culture d’entreprise et donc transmettre cela en quelques secondes est trop souvent réducteur.

 

Quelques exemples concrets de communications réussies :

  • Je pense au DG d’Eurovia il y a déjà quelques années qui intervenait sur BFM business le jour de la fermeture de tous leurs sites dans le cadre d’une journée sécurité dédiée (cf article)
  • Je pense également, plus près de moi, à ces sociétés qui communiquent après une intervention en réalité virtuelle immersive à l’échelle un que ce soit avec Alain FLECHARD ou Imagin VR.
  • Une publication récente mettait en avant, sur linkedin, la conception d’un nouvel équipement dans une entreprise de BTP (coconception services prévention, achat et bien évidemment opérationnels).

 

Je suis beaucoup plus partagé sur les posts sur le « x » jours sans accident du travail. Le sujet est trop politique au sein des entreprises pour être interprété de manière univoque. Il est difficile de savoir si l’on parle d’accidents avec ou sans arrêt, intégrant ou non les intérimaires voire les sous-traitants… Il est désormais habituel que les entreprises organisent des postes aménagés sur des accidents ayant des conséquences corporelles minimes.

Sans le référentiel interne, je me garde donc bien de prendre ces informations de « x » jours sans accident comme comparables d’une entreprise à l’autre.

 

J’aime bien les communications faites par des entreprises de conseils / com’ en prévention axées sur les échanges entre professionnels, le travail collaboratif,… les nouveaux outils numériques. C’est dans l’air du temps de partager ces moments conviviaux. Moi-même, ce sont ces moments que je cherche à reproduire lors de mes accompagnements.

 

Les communications sur la sécurité routière ont tendance à être zappée. Nous avons subi cette communication qu’elle soit télévisuelle, affichée, intégrée dans la presse papier et depuis 15 ans sur les nouveaux médias de l’internet. Le renouveau est nécessaire. Les messages évoluent peu et leurs impacts sont modérés comme nous le constatons à travers les résultats de la sécurité routière qui stagnent depuis près de 10 ans. Nous entrons dans le « dur » où les comportements individuels sont à aller chercher un à un et ce ne sont pas les communications poussées qui vont y changer quelque chose. Si l’individu récepteur n’est ni sensible, ni intéressé, aucun impact ! Il n’a pas obligation de voir ce qu’on veut lui transmettre.

 

Un organisme de formation peut-il communiquer sur les satisfactions des participants qu’il accompagne, c’est sans doute l’un des meilleurs témoignages. Cependant, si ce témoignage a de la valeur pour une formation qualifiante ou longue, en qualité d’OF réalisant surtout des formations courtes, je pense que la portée de ce type d’appréciations est limitée (la plupart des participants à une action de formation est souvent déjà satisfait de pouvoir se réunir pour échanger durant une journée ou deux !).

 

Je reviens et finalise cet article sur l’entreprise et sa com’ interne en prévention des risques professionnels. La communication a plusieurs piliers :

  • Identifier le sujet dont on parle : une mascotte, une charte graphique permettent de créer une identité visuelle.
  • Mixer les types de communications : positives, négatives et réglementaires.
  • Vulgariser les informations transmises : Tf, TG, If, … ne parlent pas c’est un jargon de spécialiste alors que ramener les accidents à l’effectif est concret (1 salarié sur « x » a eu un accident cette année).
  • Créer des événements : que ce soient des journées / semaines sécurité ou une année sous le signe de « … » l’objectif est que chacune et chacun s’approprie la prévention des risques.
  • Choisir le vocabulaire : on cherche la culture de la prévention et non la culture du risque ou de la sécurité. La prévention a une connotation plus large et s’intègre plus facilement dans le champ domestique.

 

A votre écoute car cet article est réducteur. Il y a de nombreux exemples concrets. Les meilleures communications externes à l’entreprise en matière de S&ST, ce sont vos salariés qui les font en expliquant leurs conditions réelles de travail. Ils deviennent ainsi les meilleurs recruteurs au-delà de toute communication corporate.

 

Jerome

 

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