Prendre conscience de son environnement

Prendre conscience de son environnement

Rien n’est acquis. « Vérité en deça des Pyrénées, erreur au-delà » Pascal

Vous trouvez que j’évoque trop la culture de prévention et les approches standardisées de la santé et de la sécurité au travail.

Aujourd’hui, je vais vous faire part de retours concrets dans mon environnement proche.

L’une de mes relations très proche a la joie d’être enseignante auprès de jeunes enfants 5-7 ans depuis plusieurs années. Nous évoquons assez régulièrement la prévention des risques quasi absente de l’éducation nationale. Un exemple pour les parents qui est très parlant : aucun suivi médical ni aucune équipe de prévention… un sens donné absent par une hiérarchie inexistante au profit de l’approche politique… Vous avez ici tous les pires facteurs de risques pour transformer cela en absentéisme et RPS.

L’écart entre le travail effectué et la reconnaissance est parfois impressionnant… l’Etat, comme souvent, en donneur de leçon, ne s’occupe que très peu de ces personnels ! (a priori, un second rapport par Mme LECOCQ doit être engagé sur le sujet…)

 

L’objet de mon papier n’est pas orienté vers cette population qui mériterait pourtant un peu plus d’attention. J’ai eu, entre les mains, des dessins de ces enfants. Leur enseignante leur avait demandé de dessiner des risques dans leur maison.

J’ai adoré ce que j’ai vu.

Chaque élève devait dessiner une situation particulière.

Ci-dessous le risque électrique illustré par une jolie petite fille aux bouclettes roses.

 

 

A cet âge, les enfants associent le risque à ce qu’ils ont vu et à la sensibilité de leurs proches. Selon ma sensibilité de parent et les situations dans lesquelles se met mon enfant je (sur)réagis plus ou moins. De quoi parle-t-on ?

  • Du câble électrique mis dans sa bouche pour se faire les dents
  • Du ver de terre/ limace ou chenille que l’on porte à sa bouche.
  • Des premières montées de marches alors que personne ne l’a vu.
  • Des premiers tours de roues en vélo lorsque l’on traverse allègrement la rue en tous sens, …

Chacun a en mémoire ses propres illustrations parfois pleines de frayeurs et d’autres moments à pleurer de rire tellement nos petits se mettent dans des situations particulières.

Ces situations nous échangeons avec nos petits et prenons le temps d’expliquer le pourquoi il faut faire autrement.

Je suis convaincu que dans l’environnement de travail, nous construisons notre sensibilité, au moins en partie, de la même manière.

 

Je crois avoir déjà évoqué mes premiers mois dans l’agro-alimentaire au début des années 2000. Dans les métiers du lait, il est d’usage d’avoir de l’hydroxyde de sodium et de l’acide nitrique pour les phases de nettoyages. On trouve également un certain nombre d’agents chimiques élaborés pour des applications de nettoyage ou de désinfection.

Pourtant, en commençant dans cette entreprise, le « produit chimique » est absent du vocabulaire.

L’usage voulait que l’on parle de « savon » et « lessive » (de soude!).

Qui se méfie d’un savon ou d’une lessive ? Pas moi !

Alors autant dire que dans cette situation, les risques sont peu connus et on progresse uniquement par l’accident d’un collègue. La prévention durable est absente. Si le risque est ignoré et, ou, minimisé il est difficile de se donner les moyens pour s’en protéger. Dans un cas comme celui-ci, la porte d’entrée se trouve également du côté du vocabulaire, de la formation, de l’évaluation des situations et bien évidemment des moyens de protections…

Et je peux écrire avec du recul, pour illustrer les effets de la culture d’une entreprise qu’il aura fallu près de 10 ans pour que les réflexes sur les sujets précédents soient acquis sur la totalité de 70 sites et 15000 personnes. Bien évidemment, tout ceci avait été compris en 3-5 ans mais passer de l’habitude ancienne à la contrainte, puis la compréhension pour arriver à une nouvelle habitude (évidence) prend du temps. On mesure également cette évolution par les changements de personnels qui ne peuvent plus avoir d'impact négatif sur cette nouvelle habitude, les bonnes pratiques restent.

 

Prendre conscience de son environnement de travail, c’est :

  • Être en mesure de regarder son environnement avec un œil neuf,
  • Accepter la vision des autres,
  • Intégrer les retours d’expériences de son organisation mais également d’autres similaires,
  • Apprendre sur les risques et leurs survenances, …

 

Il ne sera jamais inutile de former sur les risques au poste de travail ou plus largement aux risques propres à l’organisation dans son ensemble. Les outils actuels aident à rendre parfois plus ludiques et pérenniser les actions par leur accès en ligne. La formation présentielle à cette vertu du débat et des échanges directs qui n'est pas offert en formation à distance.

Il est important d’insister sur cette partie assimilable à de l’éducation plutôt qu’à de la formation. Il s’agit de connaître pour comprendre puis mieux intégrer ses pratiques dans son activité. L’interdit arrive en ultime recourt lorsque la situation l’exige (urgence, gravité extrême) et doit rester exceptionnelle dans le cadre du travail sans accompagnement préalable.

 

Pour votre information, ce qui semblait le plus grave pour ces jeunes enfants après un débat : l’étouffement…

Superbes illustrations…

Jérôme

#GRIPHE – une approche traditionnelle, culturelle et digitale de la prévention

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